lundi 30 avril 2012

Décret portant répartition des services du Minitètre de l'EEMSLN

Prestation de serment du président Macky SALL : Une cérémonie empreinte de solennité, de joie et d’émotion


Le nouveau président de la République, Macky Sall, a prêté serment, hier, devant le Conseil constitutionnel. La cérémonie qui a eu lieu à l’hôtel King Fahd Palace (Ex- Méridien-Président) a été empreinte d’émotion, de solennité et de joie.
La mobilisation des chefs d’Etat est de mise. De même que celle des militants, sympathisants et des officiels nationaux et internationaux. Mais cela n’a en rien gêné la solennité de la cérémonie de prestation de serment du nouveau président de la République qui s’est tenue hier. La tenue de la cérémonie dans ce grand complexe hôtelier non plus. La grande tente aménagée au cœur de l’hôtel King Fahd Palace a fait office de salle d’audience. Un espace est aménagé pour les cinq sages du Conseil constitutionnel. Un autre pour les greffiers.
En face de ce décor sont assis les diplomates, les représentants des pays amis du Sénégal, les officiers généraux de l’armée. Ce beau monde a salué l’arrivée du nouveau président de la République, Macky Sall, à 11 heures 45, en se tenant debout. Le public a adopté la même attitude à l’entrée des membres du Conseil constitutionnel, 5 minutes après.
Le président du Conseil constitutionnel n’a pas perdu du temps. Juste après son arrivée, il a demandé au greffier de lire la décision du 30 mars qui proclame Macky Sall président de la République du Sénégal, au second tour de l’élection présidentielle, avec plus de 65% des voix. L’ordre exécuté à la lettre, Cheikh Tidiane Diakhaté a prononcé un discours d’une dizaine de minutes. Il demande au nouveau président de la République de se lever pour prêter serment.
Macky Sall se dirige vers la barre. La salle retient son souffle. Le nouveau chef de l’Etat lève la main droite. Il porte une feuille à la main gauche. Fixant son auditoire, sous les regards de ses invités et de son épouse et ses enfants, il déclare devant un public majoritairement ému : « Devant la nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal, d’observer et de faire observer scrupuleusement toutes les dispositions de la Constitution et des Lois. Je consacrerai toutes mes forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale. Je ne ménagerai aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine ». Après le serment du nouveau chef de l’Etat, Cheikh Tidiane Diakhaté déclare que le Conseil donne acte à Monsieur Macky Sall et l’installe président de la République. Une salve d’applaudissements accompagne les propos des cinq sages. Macky Sall peut maintenant se diriger vers ses invités, les chefs d’Etat notamment, pour une poignée de main. Des moments immortalisés par les photographes. Cette étape franchie, il reçoit les honneurs militaires en compagnie du général de corps d’armées, Abdoulaye Fall, chef d’état-major général des Armées.

Babacar DIONE


Ce matin, nous étions sous la tente et en première loge, pour assister à la cérémonie de prestation de serment du Président Macky SALL sous la présidence du président du Conseil Constitutionnel, le même qui avait validé, au prix de la vie de plusieurs concitoyens, la candidature inconstitutionnelle de Maître Abdoulaye Wade. Un moment émouvant. Très pathétique. L’espace refusait du monde. La République, dans ses différentes composantes politiques, était là, toute tranquille, sous la tente comme pour donner raison à Franz-Olivier Giesbert, l’auteur de la célèbre citation : « La politique, c’est d’abord la gestion des contradictions. »
Dans ce genre de rencontre, au sein de la foule, généralement, rien n’est finalement vrai sauf le mensonge émanant des sourires et des comportements de certains fossoyeurs de notre République qui avancent toujours masqués. Les ennemis politiques se congratulent pour la circonstance, une façon bien singulière, dit-on, de montrer à la face du monde leur union sacrée autour des intérêts de la République et des idéaux de démocratie.
De l’autre côté, chacun jouait à faire l’intéressant, le héro du combat contre Wade et son régime. Mao Tsé-Toung disait que les masses sont les véritables héros. Malheureusement, ces véritables héros ne sont jamais présentes dans ces foires du voyez-moi où les entrées sont filtrées… très bien surveillées. Nous avions pu constater l’étendue des hypocrisies nées des hystéries comiques et dérisoires de beaucoup de pensionnaires de la mauvaise foi. Comment peut-on combattre farouchement quelqu’un et se mettre, la semaine qui suit, à s’extasier parce qu’il vient d’être porté officiellement à la tête du pays ?
Tous les numéros étaient aux rendez-vous : les bouffons, les fanfarons, les rusés, les malins, les intelligents et les débiles… pour rendre la fête belle et se projeter dans les arcanes du pouvoir afin de mieux bouffer la république. Mais attention ! Rien ne sera plus comme avant.
Le Président Macky saura bien faire le tri sinon, demain, au crépuscule de son mandat, bonjour les dégâts. Nous lui rappelons seulement que c’est toujours comme ça, d’après Giesbert : « Les soleils couchants ont toujours moins de charme que les soleils levants. » Le peuple nous a évité la brume présentée sous les auspices d’un soleil au zénith. Il a fait ce qu’il avait à faire en débarquant Wade en faveur de Macky. Il revient maintenant au Président élu d’être très prudent et de savoir que la solidarité des autres entités politiques au deuxième tour du scrutin ne doit pas être synonyme d’obligation de quota à réserver à ces dernières. Nous disons rupture dans la démarche : le Sénégal doit cesser d’être un gâteau à partager entre les formations politiques, les régions, les obédiences religieuses etc. Au-delà de ces clivages absurdes, un gouvernement de vingt cinq ministres compétents et intègres est bien possible.
Bien ! Pour finir, bonne fête à la place de l’obélisque avec Youssou Ndour qui a beaucoup marqué cette élection présidentielle de 2012 mais n’oublions pas que l’essentiel se trouve ailleurs.
Tafsir Ndické DIEYE
Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (polar), Silence ! On s’aime poésie
Editions Le Manuscrit, Paris mars 2008
Horreur au Palais, Coédition NEI/CEDA Abidjan Novembre 2010
Membre du Pôle programme de Macky 2012
E-mail :ndickedieye@yahoo.fr

dimanche 29 avril 2012

Aide au développement : le grand bond en arrière crise économiqu
  - OCDE(41)- APD(15)- austérité(12) 12/04/2012 à 11h:47 Par Philippe Perdrix Les Européens ont notamment réduit leurs contributions au développement suite à la crise économ© AFP En pleine cure d'austérité budgétaire, les pays du Nord ont réduit leurs financements en faveur du développement en 2011. Reniant ainsi toutes leurs promesses. Les économistes jugeaient la baisse de l'aide publique au développement (APD) inévitable en raison de la crise économique, les responsables politiques assuraient qu'ils tiendraient bon. Les chiffres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiés le 4 avril, ont donné raison aux premiers. En 2011, l'APD a atteint 133,5 milliards de dollars (102,1 milliards d'euros), soit une diminution en valeur réelle de 2,7 % (aux prix et taux de change de 2010) et en volume de 3,4 milliards de dollars par rapport à l'année précédente. Ce premier fléchissement depuis 1997 intervient après une progression de 63 % entre 2000 et 2010. La raison est d'une logique implacable : les pays du Nord, notamment européens, ont entamé une cure d'austérité budgétaire. « J'applaudis les États qui tiennent leurs engagements malgré leurs sévères plans de consolidation fiscale. Ils montrent que la crise ne devrait pas être utilisée comme une excuse pour réduire les contributions au développement », a lancé Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE. Levier secondaire Problème : ces bons élèves sont minoritaires (voir carte), et l'objectif des 0,7 % de la richesse nationale consacrés à l'aide s'éloigne encore un peu plus, contrairement aux engagements pris lors du sommet du G8 de Gleneagles, en 2005. « Au rythme actuel, les 0,7 % seront atteints dans cinquante ans ! » ironise Sébastien Fourmy, de l'ONG Oxfam. Même à l'égard de l'Afrique, les donateurs sont moins généreux. L'aide bilatérale s'est élevée à 28 milliards de dollars pour la partie subsaharienne (- 0,9%), et seuls les soutiens financiers débloqués en urgence pour accompagner le Printemps arabe ont permis de dépasser les 31 milliards. C'est moins que les investissements étrangers et les transferts des migrants. Autrement dit, l'APD est devenue un levier secondaire au développement. C'est le premier fléchissement depuis 1997, après une progression de 63% entre 2000 et 2010. « Il est sain que les apports de capitaux privés aient pris le dessus, mais il serait criminel de dire que l'on peut se passer de l'aide, puisque l'Afrique doit mobiliser des dizaines de milliards de dollars pour ses infrastructures, explique le banquier franco-béninois Lionel Zinsou, patron du fonds d'investissement PAI Partners. Comme les pays de l'OCDE en ont au moins pour cinq années d'ajustement, l'Afrique doit chercher d'autres mécanismes de financement en sollicitant les marchés financiers et les nations émergentes qui regorgent d'épargne. » Reste qu'en se montrant moins généreux, c'est aussi un peu de leur influence que les pays riches vont perdre Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Aide au développement : le grand bond en arrière | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique


 Axelle Kabou : "Le temps pour l'Afrique n'est pas encore venu"

Croissance économique(132) - essayiste(9)- afro pessimisme(6)- Axelle Kabou(3)
 04/04/2012 à 11h:38 Par Philippe Perdrix
 Installée en Bretagne, Axelle Kabou observe d'un oeil critique les afro-optimistes.© Dominique Leroux

Sans nier les bons résultats économiques du contient, l'intellectuelle d'origine camerounaise Axelle Kabou s'insurge contre ceux qui évoquent des "lendemains radieux". Elle l'affirme avec force dans son dernier essai, "Comment l'Afrique en est arrivée là". Un point de vue qui ne peut que susciter le débat.

Jeune Afrique : Depuis la sortie, en 1991, de votre livre Et si l'Afrique refusait le développement ?, qui avait suscité une vive polémique, vous êtes restée silencieuse. Pourquoi ?

Axelle Kabou : Car je ne suis pas un écrivain. Je suis une personne qui lit énormément et qui ressent le besoin à un moment donné de partager des connaissances sur des sujets qui l'empêchent de dormir, en l'occurrence le passé de l'Afrique et ses trajectoires possibles dans le futur.

Avez-vous été affectée par les attaques dont vous avez fait l'objet ? On vous a quand même accusée de dépeindre une Afrique incapable de se développer...

Non. D'ailleurs, je n'ai pas répondu aux attaques et personne n'a jamais lu une contre-tribune d'Axelle Kabou. Je comprends que l'on puisse détester ce que j'écris, mais j'essaie aussi de comprendre pourquoi ce livre a suscité une telle haine. En fait, il y a eu un profond malentendu, car beaucoup ont considéré que mon ouvrage était académique. C'était plutôt un pamphlet. Mais il ne s'est jamais agi pour moi de décrire des tares congénitales. L'Afrique a toujours été capable de mobilité, de progrès, d'évolution et d'intelligence. Étant de culture française, je pensais que ma liberté d'expression était un acquis. Mais on m'a reproché de ne pas être africaine, d'être une étrangère s'occupant de choses qui ne la concernaient pas.
Comment l'Afrique en est arrivée là, d'Axelle Kabou, L'Harmattan, coll. "Points de vue", 428 p., 35 euros.
 En 1991, vous expliquiez que le sous-développement du continent était essentiellement dû aux mentalités et aux cultures africaines, cette fois vous prétendez que sa marginalisation repose sur sept mille ans d'Histoire. Sauf qu'entre-temps on ne parle plus de sous-développement mais de pays en voie de développement, voire, pour certains, de pays émergents. N'avez-vous pas le sentiment d'être à rebours ?
 Mon livre parle des difficultés permanentes de l'insertion des économies africaines dans le monde. Il y a deux façons d'envisager l'histoire des sociétés. Soit on considère qu'elles émergent du vide, et alors on parle en apesanteur, on produit des discours éthérés et on divague. Soit on considère que seule une perspective longue, chère à Fernand Braudel, permet de comprendre leurs évolutions. Il va de soi que je préconise la seconde démarche.
 D'accord pour l'approche, mais l'Afrique est en plein décollage, et de nombreux indicateurs l'attestent (forte croissance, baisse de la pauvreté, augmentation des investissements étrangers, apparition d'une classe moyenne...). La situation est-elle aussi grave qu'en 1991 ?
Oui, elle l'est. Les économistes monopolisent les discours sur l'Afrique et alignent des statistiques pour prétendre qu'elle est en train de s'en sortir. Ils commettent leurs crimes habituels. Mais si on interroge des historiens, des sociologues et des politistes, on s'apercevra que nous traversons un scénario très classique. Aux XVIe et XVIIe siècles déjà, la côte sénégambienne, avec sa bourgeoisie entreprenante, très intégrée au commerce mondial, connaissait une forte croissance. Pour quels résultats ? Dans les cénacles où l'on discourt sans fin sur l'Afrique, on préfère nier les crises, les massacres, les pogroms... Il faut être solaire. Je refuse d'entrer dans un temple solaire. Tirer des prospectives radieuses sur la base de trois ou quatre indicateurs est insupportable. C'est du clinquant. Cette afro ferveur m'insupporte, car c'est de la paresse.
 Niez-vous le décollage économique actuel ?
 Non, il est indéniable. Chaque fois qu'il y a une redistribution des cartes à l'échelle mondiale, l'Afrique est invitée à y participer en apportant des hommes et des matières premières. Mais son rôle est subalterne, et ce mode d'arrimage perdure. En fait, l'Afrique est reconvoitée. Il suffira que la donne économique mondiale change pour qu'elle retombe dans l'oubli, la misère et les tréfonds de l'Histoire. Ce qui se passe aujourd'hui n'est pas le fruit d'une conquête africaine. L'Afrique reste larguée.
À ceci près qu'aux XVIe et XVIIe siècles l'Afrique ne comptait que quelques dizaines de millions d'habitants ; aujourd'hui, c'est plus de 1 milliard. Certains analystes, comme Jean-Michel Severino dans son livre Le Temps de l'Afrique ou Lionel Zinsou (voir ici : Lionel Zinsou : "Nous sommes la nouvelle frontière") , parlent d'un bonus démographique. Pourquoi ne pas croire à ce scénario ?
 Sacraliser la démographie en ignorant les interactions entre plusieurs facteurs, c'est faire du « démo graphisme » mercantile. Il est plus probable que ces dynamiques actuellement à l'œuvre, dans des espaces difficilement « territorialisables », provoquent des conflits.
 Vous reprenez la théorie darwinienne...
 Cela s'est toujours passé ainsi. Quand il y a concurrence pour des ressources, il y a des guerres.
 On peut avoir une autre lecture. En 2050, l'Afrique disposera du quart de la population active mondiale, n'est-ce pas un formidable levier pour créer de la richesse ?
 Non, car l'Afrique ne dispose pas du socle nécessaire. Les rapports à la connaissance, la science et l'éducation sont extrêmement diaphanes. Pour qu'une dynamique d'exploitation des savoirs se mette en place, quelques décennies ne suffiront pas.
 La solitaire de Brest
C'est depuis la pointe du Finistère, à Brest, qu'Axelle Kabou a écrit Comment l'Afrique en est arrivée là. Elle habite en Bretagne depuis huit ans avec sa famille. Elle fait des traductions et assure la révision de rapports internationaux après avoir effectué de longs séjours au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Zimbabwe, notamment comme consultante pour différentes organisations internationales. Avec son mari, un Franco-Sénégalais travaillant à Addis-Abeba à la Commission économique pour l'Afrique (CEA), elle effectue également des allers-retours entre la France et l'Éthiopie. « Axelle la maudite », depuis son essai Et si l'Afrique refusait le développement ?, publié en 1991 chez L'Harmattan, n'a donc pas lâché l'Afrique.

Tout juste consent-elle à avouer un « dépit amoureux ». Les coupures d'électricité, les tracasseries de la vie quotidienne..., mais sans doute aussi le conservatisme de sociétés traditionnelles, ont eu raison de sa patience. Cette personnalité troublante, « de culture française mais attachée au Cameroun », ne laisse pas indifférent. Les éclats de rire sont francs, les embardées rhétoriques pleines de malice, mais la charge est virulente lorsqu'il s'agit de dénoncer l'afroferveur : « Une paresse qui m'insupporte. »
 De ce point de vue, 2050 me paraît être un horizon extrêmement court, et cela ne se fera pas sans convulsions. Le temps de l'Afrique n'est pas encore venu. Il y a des signes positifs, mais ce sont des pépites dans un fleuve qui rebrousse chemin.
 Vous parlez même d'une continuité de la traite négrière jusqu'aux comportements de prédation économique d'aujourd'hui...
 Absolument. L'Afrique a toujours eu des entrepreneurs innovants, mais les héritages historiques sont prégnants. Nous ne sommes pas sortis des traites négrières et des économies de comptoirs. Ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire l'illustre à merveille. Ouattara et Gbagbo sont des « seigneurs de guerre » qui visaient le pouvoir et le contrôle de la terre en nouant des alliances avec des étrangers. Les sociétés africaines ont sécrété des pouvoirs prédateurs. Nous n'avons pas de classes dirigeantes capables de nouer des pactes avec les populations pour créer de la richesse, mais des couches dominantes qui accaparent les ressources naturelles avec le concours de l'extérieur. Cette connexion au monde n'a pas varié, et cette matrice reste valable. Plus grave, ce processus s'est aggravé avec une insertion croissante dans les réseaux internationaux mafieux.
 La prédation et l'exploitation seraient donc dans les gènes africains !
 Je ne suis pas biologiste. On peut supposer que nous passons d'une économie d'extraction à une économie d'accumulation, d'une économie de prédation à une économie de production, mais l'issue est incertaine. La direction peut être heureuse ou tragique. Et cela ne relève pas de l'ingénierie sociale et politique.
 À propos de corruption et de criminalisation des économies, voire des États, bien d'autres pays à travers le monde démontrent que ces dysfonctionnements ne sont pas forcément un frein au développement...
Oui, lorsque l'argent récolté ou détourné est réinvesti sur place, qu'il permet de mettre les gens au travail et de produire de la richesse endogène.
 Vous ne croyez pas aux bienfaits des politiques publiques, à la bonne gouvernance, à la démocratie...
 Tirer des perspectives radieuses de trois ou quatre indicateurs est insupportable.
 C'est le hasard qui est au pouvoir en Afrique. Il n'y a pas de dirigeants, ni de démocratie. Les élections ne sont même pas financées par les Africains.
 En vous écoutant, on arrive à se demander si vous ne donnez pas raison à Nicolas Sarkozy, qui estime que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire »...
 Dans un cas, nous sommes dans la pipolisation d'un discours. Dans mon cas, je cherche à mieux comprendre les trajectoires africaines. Cela n'a rien à voir. Je ne crois pas à l'immuabilité du continent, simplement, il est impossible de prédire l'avenir. L’Afrique peut être le continent de demain, elle peut être aussi une terre de massacres et de guerres. Ce n'est pas une prospective paresseuse qui permettra de trancher.
 L’Afrique n'est donc pas condamnée...
 Il n'y a pas de peuples condamnés. Nous fabriquons tous notre histoire, mais ce qui peut se passer est incertain. Les présupposés qui permettent de mettre en scène une Afrique radieuse sont branlants et suspects.

Propos recueillis à Brest par Philippe Perdrix

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